compagnie théâtrale

Dernière version

Sofia Fredén, Le Vélo & Pourrie, par Edouard Signolet

“Il y a chez Sofia Fredén une dynamique enfantine complètement jubilatoire.

Elle s’amuse de tout, et tout semble être vécu dans une palette de sentiments qui ne connaît pas la modération.

C’est une matière vivante, qui explose dans la bouche des acteurs, et qui donne à représenter l’être dans ce qu’il a de plus complexe et de plus fascinant.

Le tour de force de Sofia Fredén est d’entremêler naïveté et cruauté.

Elle porte sur le monde un regard noir mais, loin de s’apitoyer sur le genre humain, elle tourne en dérision ce qui souvent est vécu comme une tragédie.

Ce rire devient alors une solution salutaire au misérabilisme, à l’immobilisme et au conformisme.

Le vélo et Pourrie, une vie de princesse est un double projet autour de la construction de l’identité de l’enfant.

Concevoir Le vélo et Pourrie, une vie de princesse comme un diptyque, c’est adopter l’idée qu’une seule et même thématique, le besoin de liberté, soit traitée sous deux angles différents.

C’est aussi ne pas vouloir stigmatiser une seule et unique classe sociale.

Ces deux textes, par un subtil  jeu de miroir, se mettent en valeur l’un et l’autre : chacun d’eux en partant d’une réalité quotidienne différente (tour d’immeuble défavorisée ou château merveilleux) élaborent l’idée que le cadre sociétal ne construit pas un être, qu’il faut le fuir, le détruire et se reconstruire un cadre qui nous soit propre grâce à la rencontre de l’autre et à la connaissance de soi.

C’est aussi défendre l’idée que la remise en cause de la société soit effectuée par deux figures féminines toutes deux habitées par le même désir de renouveau.

Sofia Fredén, grâce à ces deux fillettes, déconstruit le clivage ancestral homme / femme, souvent utilisé dans le conte et construit avec Eugénie et Atma deux nouveaux types de héros.”

Edouard Signolet

“Pourrie” vue par Marion Joubert (Evene.fr)

La critique [evene]

par Marion Joubert

“Une princesse en pleine crise identitaire, une autre incestueuse, un prince plus suicidaire que charmant…
L’auteure Sofia Fredén reprend les personnages incontournables des contes de fées et les détourne pour servir un texte drôle et décalé. Ici, la princesse héroïne ne mène pas une quête désespérée du grand amour, mais de liberté face aux conventions qui l’emprisonnent. Edouard Signolet, qui signe une de ses premières mises en scène, traduit cette recherche en pariant sur la sobriété et la suggestion.
Grâce aux didascalies parlées et un choix de musiques pertinent, la scène devient tour à tour le jardin du palais royal, un souterrain, un village peuplé d’habitants plus pervers les uns que les autres. Les acteurs excellent dans le sous-entendu.
Parce qu’Eugénie a 9 ans mais est incarnée par une comédienne de 25, les questions existentielles qu’elle se pose paraissent d’un coup moins naïves.
L’ironie et la dérision dominent et prennent le pas sur le premier degré de la fable : on a beau descendre d’une lignée royale, on peut aussi trouver que la vie “pue le cadavre”.
Même si le sujet reste malgré tout convenu, Edouard Signolet parvient à entraîner le spectateur dans un imaginaire qui, sans tomber dans la mièvrerie, garde la saveur de l’enfance.
Et il est parfois bon d’y goûter à nouveau…”

Critique du Vélo et de Pourrie sur Théâtre-enfants.com

Notre critique:

Emilie Sagne pour Théâtre-enfants.com
Deux textes du répertoire jeune public qui mettent à l’honneur la dramaturgie contemporaine tout en réinventant l’écriture du conte.

 

Le Vélo nous raconte l’histoire d’Atma ou comment grâce à son nouveau vélo elle va partir en quête de liberté et rencontrer sur son chemin des êtres aussi étranges que touchants. Une pièce de théâtre qui s’appuie sur les ressorts du conte traditionnel avec la quête du héros (ou, devrais-je dire, de l’héroïne) et le parcours initiatique pour en faire un oeuvre théâtrale totalement contemporaine.

Pourrie, une vie de princesse, au contraire, part de la situation initiale des contes merveilleux avec un prince, des princesses, et un château, pour mieux détourner cet univers et ouvrir sur une réalité bien plus sordide. On y suit le cheminement d’Eugénie, une princesse malgré elle qui rêve d’une vie normale, fuit sa vie de princesse « pourrie » et part voir le monde.

Il s’agit donc un diptyque autour d’une seule et même thématique : le besoin de liberté, traité sous deux angles différents. Ouvrant des fenêtres sur des univers opposés, l’une pièce traite du quotidien entre deux tours d’immeubles et l’autre d’un monde vu comme merveilleux et édulcoré. Les textes abordent des images sociales distinctes, ancrées dans des époques différentes, certes, mais qui nous renvoient au monde d’aujourd’hui, à la réalité de notre société.

Le dispositif scénique est réduit au minimum : pas de décor, ni d’accessoires, juste une toile en fond de scène sur laquelle sont projetés des jeux de lumières assez sobres et l’espace au sol vide pour Pourrie, une vie de Princesse. Pour Le Vélo, quelques cubes disposés par terre, en guise de représentation de l’espace urbain. Les comédiens, en revanche, sont costumés avec un certain décalage, une touche de ridicule ou de caricature dans leur accoutrement. A noter, la présence d’un narrateur, qui prend en charge les didascalies du texte dans les deux pièces. Un travail très intéressant sur le traitement de la parole, qui fait entendre le texte dans une langue éloigné du quotidien.

Les deux spectacles s’opposent totalement dans le rythme du jeu et leur dynamique respective. Une volonté du metteur en scène, Edouart Signolet, de travailler la dimension de la lenteur et de l’étrange sur Pourrie, une vie de princesse, qui contraste avec l’énergie du Vélo. Un travail intéressant qui vient interroger notre rapport aux codes du théâtre jeune public, que l’on connait plutôt denses, riches en péripétie et dynamiques.

A noter, enfin, la prestation remarquable et l’énergie de la comédienne Céline Groussard.

Critique de Pourrie sur France Culture dans “Tout arrive!”

Sophie Joubert, pour l’émission “Tout arrive!” du vendredi 19 mars, sur France Culture:

“Spectacles tout public à Théâtre Ouvert à partir de huit ans:  Le Vélo et Pourrie, une vie de princesse, deux pièces de la jeune auteure suédoise Sofia Fredén, montées par le très jeune aussi metteur en scène Edouard Signolet et sa troupe, les deux spectacles durent 50 minutes, ils sont joués en alternance, j’ai vu hier Pourrie, une vie de princesse, je me suis régalée! C’est l’histoire de la princesse Eugénie qui est enfermée dans un château merveilleux avec ses amis Eugène et Désirée, elle en a assez d’être une princesse et de puer le cadavre, elle veut  devenir normale, dormir dans un lit normal et avoir des parents normaux. Et comme dans les contes de fée, elle va partir sur les routes et faire de drôles de rencontres, dont un panda géant danseur hors pair! Le tout réalisé avec une économie de moyens totale, aucun décor, seulement de très bons acteurs, et des costumes. C’est jusqu’au 27 mars, à Théâtre Ouvert.”

Pour écouter l’émission (la chronique de Sophie Joubert est dans la 1ère partie, 23è min.) : Tout arrive! 19/03/10

Presse: Le Vélo – la muse.fr

Jusqu’au 27 mars 2010.
Le Vélo et Pourrie, vie de princesse.
A partir de 8-10 ans.

Texte de Sophia Fredén.
Mise en scène Edouard Signolet.
Coproduction Compagnie le Cabinet Vétérinaire et le Théâtre Ouvert.

C’est la première fois que le Théâtre Ouvert coproduit et programme une pièce à destination du « jeune public ». Ce lieu, caché dans une charmante impasse à côté du Moulin Rouge, adapte sur scène des textes d’auteurs contemporains.
Sofia Fredén est une dramaturge suédoise de 44 ans. Elle est très connue dans son pays pour ses remises en cause de la société, de la culture de masse, etc.
Les deux textes présentés ici, et joués en alternance, évoquent le thème de la liberté, celle que chacun doit conquérir, en sortant du cadre dans le quel il a été confiné. « Il y a bien plus de choses à voir que ce que les autres veulent que vous voyez ! » Autrement dit, regardez le monde, apprenez à penser et à agir par vous-même. De quoi mettre tout le monde d’accord, non ?

Lamuse a vu et été séduit par le vélo. L’écriture de Sonia Fredén est vive, énergique, actuelle. Le vélo met en scène Atma, 11 ans, qui vit avec ses parents et sa soeur dans une cité. Ce vélo, donné par la grande sœur, qui, elle, possède une mobylette va lui permettre de faire de nombreuses rencontres. Ces personnages sont, soit ancrés dans le réel, soit complètement loufoques.
Les situations, présentées en petites scènes courtes, sont alternativement cocasses, émouvantes, intenses ou plus légères. Les dialogues sont plein d’humour : l’auteure replace souvent dans la bouche d’Atma les phrases que serinent les adultes aux enfants. Et, on le sait bien, ces conseils sont souvent plein de contradictions…
La mise en scène est superbe, forte, sans fioritures. Sur le plateau, les sept comédiens restent présents, immobiles. Ils s’animent quand c’est leur tour.
L’ensemble est vraiment intéressant à découvrir, pour tous les amateurs de théâtre contemporain, sans oublier tous les fidèles lecteurs des éditions Actes Sud ou Gaïa, qui nous ont fait apprécier tant de talents nordiques !
Durée 1h10.

Actuellement à Théâtre Ouvert: Le Vélo & Pourrie une vie de princesse

Deux pièces de Sofia Fredén mises en scène par Edouard Signolet avec la Compagnie Le Cabinet Vétérinaire.

du 8 au 27 mars 2010 à Théâtre Ouvert – CDN de Création

Après Main dans la main mis en scène en 2008 à Théâtre Ouvert, Edouard Signolet continue à explorer l’univers déjanté de l’auteure suédoise Sofia Fredén, avec ces deux pièces tout public inédites:

Le Vélo

avec: Geoffroy Barbier (Pyrrko),  Nicolas Gaudart (Güsten), Céline Groussard (Atma), Arnaud Guillou ou Paul Alexandre Dubois (barytons en alternance) (Le musicien des rues), Anne-Lise Main (Narrateur), Clarice Plasteig dit Cassou ou Elsa Tauveron (Agnès), Guillaume Riant (Shanti).

traduction: Gunilla Koch de Ribaucourt

lumières: Virginie Galas

scénographie, costumes: Sarah Lefevre

construction décor: François Bancilhon

assistante mise en scène: Carole Reppel

- à partir de 8 ans

Atma reçoit un jour un cadeau qui change sa vie: un vélo. De quoi partir à la rencontre du monde et de ces créatures étranges que sont les humains.

photo: mise en espace du 4 avril 2009

  

Pourrie une vie de princesse

avec: Amaury de Crayencour (Eugène), David Gérard (L’Ours), Céline Groussard (Désirée), Delphine Jonas (Anette), Lionel Laget (Anders), Ludovic Lamaud (Narrateur), Véronique Lechat (Eugénie)

traduction: Antoine Guémy

lumières: Virginie Galas

scénographie, costumes: Sarah Lefèvre

assistante mise en scène: Leslie Menahem

- à partir de 8  ans

Eugénie, jeune princesse de 9 ans, trouve que la vie « pue le cadavre », entre son frère Eugène dont l’obsession est de s’enterrer et sa sœur Désirée qui rêve de se marier avec son frère. Pour elle, une seule certitude : elle a dû être adoptée, cette famille « pourrie » ne peut pas être la sienne.

photo: mise en espaces du 4 avril 2009

les deux pièces se jouent en alterance: voir le calendrier des représentations

  

Théâtre Ouvert – Centre Dramatique National de Création

4 bis Cité Véron 75018 Paris (M°Blanche)

Réservations: 01 42 55 55 50

Suivre

Get every new post delivered to your Inbox.